L’écrit vain (I)

Article : L’écrit vain (I)
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23 septembre 2014

L’écrit vain (I)

« L’être me rendrait humain, sans ce titre, je ne serai qu’un auxiliaire. »

Je cherche mon nom d’écrivain. Il est nécessaire d’avoir un nom accrocheur, un nom fort, un nom qui sape le métier, qui englobe le talent, un nom qui forcera mon entrée dans les livres de Français et peut-être même d’Histoire. Je veux un nom sincère, un nom propre à ma passion d’écrire. Je veux un nom qui me dissocie de ma vie avant l’écriture, un nom qui n’appartient qu’à l’écriture, un nom écrit, un nom d’écrivain. Je ne sais pas comment choisir. Et si j’utilisais mon vrai nom ? Kevin Hannus. Je ne sais pas s’il conviendrait. Ce n’est peut-être pas si important. Qu’est-ce qu’un nom après tout ? Une vulgaire majuscule, c’est tout. Alors mon nom ne me définira point. Mon style le fera, mes histoires le feront, mieux, mon héritage littéraire s’en chargera…Une fois le problème du nom réglé, je peux commencer à écrire.

 

En fait, je ne me suis pas totalement convaincu. Il me faut un nom clinquant. « Je m’appelle Jean Baptist’, je suis écrivain. Je suis né à Paris… » Non, non et non. Nom de merde. Il me faut quelque chose de frais, de neuf, quelque chose d’excitant. En plus, Jean Baptiste me rappelle un personnage bizarre. Plus précisément, cet homme qui habitait dans la rue du château et qui avait comme lubie de se mettre à poil dans son appartement.  Lorsque j’allais visiter mon ami du même quartier, je le voyais souvent, se balader dans son salon et cela à cause d’une fenêtre beaucoup trop généreuse. Je ne connaissais pas son prénom mais il avait un corps à s’appeler Jean Baptist’.

 

Je connaissais un autre Jean Baptiste qui n’assumait pas son prénom.  Il tenait à ce qu’on l’appelle « JB comme le whisky », précisait-il à chaque nouvelle rencontre. Bizarrement, il n’est toujours pas devenu alcoolique. Il est chanteur, la nuance est belle. Donc Jean-Baptiste c’est un grand non. Je devrai pencher plus vers un prénom unique et non composé. Qu’est-ce qu’un prénom après tout ? Un futur sobriquet. Le prénom est éphémère. Il est purement administratif. Il n’a aucune nécessité sociale puisqu’en société, on nous octroie à tous des surnoms (Mamad pour Mamadou). D’ailleurs, les prénoms composés se décomposent pour satisfaire les férus de dissyllabes (Jean Charles devient JC).

 

Je recommence. « Salut, je suis Kevin, j’écris… » Cette phrase est… Vomitive. C’est une litote signifiant : « je n’écris pas pour la simple raison que mon nom prénom est Kevin ». Donc je ne choisirai pas Kevin, mon prénom ne respire pas l’encens littéraire. Il est certes brave mais grossier. Il n’est pas méchant mais inadéquat.

L’être me rendrait humain, sans ce titre, je ne serai qu’un auxiliaire […]

A suivre…

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Commentaires

Anonymous
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Keep going! Ta citation m'a donnée envie de lire. A suivre comme tu dis ....

djoharding
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Merci