L’écrit vain (II)

Article : L’écrit vain (II)
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29 novembre 2014

L’écrit vain (II)

De mes écrits, émergera mon nom. Haha ce n’est pas mal, il faut d’ailleurs que je note cette belle phrase. 

De mon cri émergera mon non à la littérature classique. Avant-gardiste, je serai. Je souhaite devenir un écrivain. Je veux que l’on sache que je suis un homme de lettre, rien qu’en me regardant. Pour se faire, j’effectue une recherche photographique des plus beaux écrivains du XXe siècle sur Google, puis j’entrevois un documentaire sur le site de l’Institut National de l’Audiovisuel pour me rapprocher de l’authenticité de mes prédécesseurs, un raccourci sur le site d’ASOS pour les soldes look dandy, je n’oublie pas de vérifier si ma demande pour rejoindre le groupe Facebook « Ecrivain en tweed » a été acceptée. Toujours pas !


Néanmoins, le dessein prend forme. Les planches emboîtent. Il faut maintenant que j’écrive. Je suis à la recherche de mon stylo à plume et d’un cahier d’écriture. Les outils indispensables d’un réel écrivain. Affalé au fin fond de mon canapé depuis la fin de ma très grasse matinée, je dévore au passage des vines ridicules, ces vidéos de cinq secondes qui résument parfaitement l’avancée de l’humanité, tel est mon travail de recherche. J’ai flashé sur un carnet « en cuir noir de fabrication artisanale italienne avec lien et boule de bois, couverture souple avec gravure en relief » soldé a trente-six euros sur un site d’initiés. Mon dessin prend corps. 

Bon, il faut que j’écrive. Des millions d’idées me traversent l’esprit. Par exemple, un roman policier sur le meurtre des pigeons de la rue Henri Cardinaud. Pour faire court, il s’agira d’une enquête menée par deux pigeons, l’Elite de leur race, experts dans leur domaine. L’un s’appellera Gobate dit le Lynx de Pologne et l’autre Bolate surnommé Bobo du fait de son aphonie. Ces derniers devront élucider le mystère que représente cette rue cristolloise où la recrudescence des meurtres de pigeons a cristallisé les tensions entre les hommes et les oiseaux. L’histoire se situera à deux plumes d’une série noire, des descriptions barbantes des différents plumages de pigeons, l’ornithophobie de Gobate et l’hypocondrie de Bolate qui pense avoir attrapé la grippe aviaire. Un couple hors pair, non ? Ce n’est qu’une idée. 


Sinon, une histoire d’amour entre Olivier et Véronique. Rencontrés sur « twitter », ils sont tombés amoureux l’un de l’autre, après s’être rendus compte qu’ils « retweetaient » les mêmes choses depuis un an, à savoir les « tweets » de Mathieu Delormeau. Ils se sont parlé par message privé 140 caractères de niaiserie. Une relation qui va bientôt être confrontée à un défi de taille. Ils vont s’ajouter sur Facebook et projettent de se faire une conversation vidéo sur Skype. Leur idylle tiendra-t-elle le coup ? Est-ce le réseau-social de trop ? 
 
En parlant, de Facebook, j’ai été accepté dans le club de la crème de la crème des écrivains amateurs. Mon nouveau statut : « Je suis un écrivain, je suis un écrivain, je suis un écrivain, salope. » Je le suis car je le clame haut et fort.

A suivre…

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